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Doux comme un agneau

L’allure écolo mais des têtes bien pleines pour Sophie, vétérinaire et professeur, et François, écologue, féru de géologie comme de botanique. En 2003, avec 7 agneaux, ils investissent 30 hectares d’une combe entre le hameau de Basse et Octon. Très vite, la commercialisation directe est un succès, entièrement réservée aux particuliers, le troupeau prospère, gambadant de parc en parc. L’appel de la plante-vigne se fait vite sentir. François visite ce qui deviendra leur première vigne au lieu-dit «  la Lieude », au sol il y a de la glace, et ça, ça lui plait. Nous recevrons une première cuvée à l’effigie d’une des stars du troupeau. Papilles en tendresse et pupilles à la recherche de Brenas sur la carte. « Mais il est où ce gars? Au-dessus du Salagou. Avec des brebis? Oui, très peu. Il doit être bien. Soupirs ». Et il n’avait pas encore de cave à lui! Depuis, il l’a construite, en paille. Si. Et comme il lui en fallait beaucoup, il a « coupé » avec ses bouteilles préférées (bues). Elles affleurent des murs, le principe du double-vitrage appliqué aux grands crus. La cave à l’ambiance feutrée est un nid à vins. Ils y bercent leur cinsault, leurs aramon, carignan, terret, roussanne et un grenache qui serait le premier planté dans la vallée vers 1958. Chouette nursery. « sols de schistes rouges, les ruffes, boulets de basalte, grès, quartz, argiles, ici la géologie est compliquée et marque fort les cépages », commente François. La cuvée Entremonde babille prunes rouges et poivre frais, tanins oubliés mais bouche charnue. Fontitude (trois-quart de cinsault puis carignan) réchauffée par l ‘élevage déclame une poésie de fruits murs et Jour de fête, le blanc, n’aurait pas connu le flacon si, à force de soutirage pour remplir les Bibs du marché, ces terrets ne s’étaient mis eux aussi à causer minéral. Des conversations sur un ton naturel, frais et harmonieux. (Terre de vins,  n°40, septembre-octobre-novembre 2008.)